PETITION ADRESSEE LE 2 FEVRIER 1846 PAR LES HABITANTS DE SOUILLY A Monseigneur l’Evêque de Meaux pour la conservation de leur Eglise et leur Cimetière
RETRANSCRIPTION D’UNE PETITION ADRESSEE LE 2 FEVRIER 1846
PAR LES HABITANTS DE SOUILLY A :
Monseigneur l’Evêque de Meaux
Pour la conservation de leur Eglise et leur Cimetière
Destinée à Monsieur le Préfet de Seine et Marne.
Souilly le 2 février 1846
Monseigneur l’Evêque du Diocèse de Meaux
Les habitants de la paroisse de Souilly, Doyenné de Claye, Diocèse de Meaux, soussignés.
Exposent très humblement :
que jusqu’au moment de la Révolution de 1791 la paroisse de Souilly, ayant son Eglise, son cimetière et son presbytère a toujours eu un ecclésiastique particulier.
que Monsieur Legoix le dernier de ses pasteurs ayant titre de doyen et revêtu d’autres distinctions par amour pour ses paroissiens et afin de récompenser leur zèle pour la foi, ne cessa de leur prodigué des bienfaits et le dernier de tout fut une rente annuelle et perpétuelle de 300 livres… qu’il fit à la paroisse de Souilly en 1793 à la charge de faire célébrer chaque année dans l’église de Souilly un service pour le repos de son âme ce qui a été exécuté ponctuellement jusqu’ici, hoze le malheureux jour où les églises ont été fermées au culte catholique.
Que depuis que les églises ont été rouvertes au culte divin, la paroisse de Souilly à cause
probablement du manque d’ecclésiastique a été désservie par M. le Curé résident à Claye qui en est éloigné d’environ 1/2 heure et qui en digne pasteur jusque et compris M. Gallois l’un d’entre eux qui n’est plus à Claye depuis environ 2 mois se sont tous comportés avec zèle digne d’éloge et à la satisfaction de la paroisse de Souilly.
que par la loi du 25/7/1839 l’administration civile de Souilly a été réunie à celle de Claye malgré la plus vive protestation des habitants de Claye, D’où il résulta qu’en 1840 Souilly n’eut plus de maire, ni adjoint, ni conseiller municipal,ni…,ni … nationale à part, quant au culte religieux il continue a y être desservi comme auparavant.
que la commune de Souilly ayant su au mois de Février 1840……s’empressèrent d’envoyer 2 pétitions à Monseigneur l’Archevêque de Paris et l’autre à M. le Ministre de l’Intérieur pour s’opposer à cette réunion mais que les renseignements pris ultérieurement leur ont fait acquérir la noble attitude que le 2 pétitions remises a des mains infidèles n’étaient pas arrivé à leur destination et qu’il fallait pas s’étonner si Souilly était rejté jusqu’ici sous la dénomination de Claye qui abusant de sa supériorité lui fait supporter depuis 6 ans le joug le plus dur, ce qui fait que les habitants sont décidés à employer de nouveaux moyens pour faire abroger la loi qui les a forcement réunis à Claye en 1839.
Que ce qui les engage encore davantage à prendre ce parti c’est que le conseil municipal de Claye-Souilly (dans lequel Souilly n’a particulièrement que 2 membres sur 12) projette de faire vendre l’ Eglise et le cimetière de Souilly sous prétexte que l’Eglise a besoin de beaucoup de réparation (ce qui n’est pas) et que l’Eglise de Claye doit suffire pour le service des deux communes cette suppression de l’Eglise et du cimetière de Souilly serait mettre le comble à la plus révoltante persécution et à la plus violente injustice ainsi que vont le démontrer les faits et les circonstances suivant qui au contraire prouveront la nécessité de conserver l’Eglise et le cimetière de Souilly.
1° Les habitants de Souilly ont toujours montré la plus grande ferveur pour la foi catholique et Romaine et pour garantie de cela on voit la confiance de M. Legoix leur ancien doyen et la représentation qu’en 1840 ils ont adressé à Monseigneur l’Archevêque de Paris pour la conservation de leur Eglise et leur cimetière.
2° en 1824 l’église de Souilly menaçait ruine, les habitants de Souilly s’imposèrent une contribution volontaire de près de 5000 F payable en 7 années consécutives et qui frappa seulement sur les biens communaux, qu’ils se sont conservés et composés de 60 parts de chacunes 60 perches dont ils jouissent successivement jusqu’à leur décès sans pouvoir vendre ni aliéner.
3° Lorsque M. gallois fut remplacé à Claye par Mr le curé actuel, les habitants de Souilly
pour la leur rendre plus agréable s’empressèrent par une cotisation de renouveller et réparer une partie des ornements de l’Eglise.
4° aussitôt qu’ils eurent appris le projet de destruction de leur Eglise et leur cimetière ils adressèrent une réclamation au conseil municipal qui resta sans réponse, mais dans la crainte que l’on ne passa outre la pétition fut rédigée et remise entre les mains de Mr le Préfet le 24 janvier dernier pour s’opposer à l’entreprise du conseil municipal de Claye-Souilly, offrant, les habitants de Souilly, de faire particulièrement les fonds nécessaires pour à l’avenir comme par le passé subvenir aux frais de réparation de leur Eglise et cimetière.
5° Indépendamment des ressources que la commune de Souilly trouve dans ses biens communaux et la rente de 300 livres que lui a faite en 1793 Mr Legoix elle possède encore une autre rente annuelle perpétuelle de 250F qui lui a été faite par Mr Petit propriétaire à Claye en 1836.
6° La population de Souilly se composait il y a 50 ans de 60 ménages, aujourd’hui le nombre a en effet presque doublé et augmentera plus rapidement encore par les nouvelles construction qu’occasionnera la confection prochaine de la route qui communiquera directement de Claye
à la rte départementale dudit Claye au Mesnil-Amelot.
7° Pour parvenir du centre de Souilly à l’Eglise de Claye il faut parcourir un espace tout montagneux d’une demie lieue, dont la moitié sans habitation et l’autre moitié faisant partie du village de Claye continuellement entravé par les chevaux, voitures, chariot à diligence, ce qui offre un grand inconvénient d’abord pour aller pratiquer le culte religieux principalement pour les femmes et les enfants principalement pendant le noir quarte de l’année, à cause des mauvaix feux et ensuite pour les enterrements par la difficulté de porter les morts à uns si grande distance.
8° si l’Eglise de Souilly n’était pas conservée on ne pourrait plus remplir les dernières volontés à honorer la mémoire de M. Legoix, son bienfaiteur, ce à quoi les habitants de Souilly tiennent par dessus toute chose.
D’après cet exposé qui est de la plus exacte vérité mais que les soussignés auraient bien désiré rendre moins long, dans la crainte, Monseigneur, d’avoir abusé de vos instants précieux ils s’adressent à vous remplis de la plus grande confiance afin que, par votre éminent… vous fassiez exaucer leur vœux le plus cher et le plus sincère pour la conservation de leur Eglise et de leur cimetière qui sont indispensables et moralement et matériellement car ce n’est pas d’une….où la population l’a d’une manière préjudiciable en accroissement où le zèle par la foi catholique a un si gros besoin d’être stimulé qu’il faut parler de diminuer le nombre de temple de Dieu ni des écoles où s’enseignent la morale religieuse.
Les soussignés terminent, Monseigneur, en vous exprimant que loin de désirer l’anéantissement de leur Eglise ils ont l’intention d’obtenir par la suite et si la loi de leur réunion à Claye est abrogée, qu’il y ait comme anciennement un desservant et une institutrice en particulier pour Souilly. Afin de rendre plus facile le culte religieux pour le desservant et pour les fidèles de même que l’instruction et la morale pour les enfants et la jeunesse. Le territoire de Souilly plus fort que celui de Claye et qui se compose de près de 2000 arpents en
terres labourables, prés et bois et les ressources que lui donnent ses lieux communaux arrivent avec la rente qui lui a été faite par M. Legoix et Petit d’éternelles mémoires donnant une facilité d’entretenir un desservant et un instituteur séparément de Claye. Néanmoins malgré leurs bonnes intentions ils ne prétendent pas, Monseigneur, ne rien entreprendre à ce sujet sans votre agrément ni vos bons soins. En attendant ils vous prient de donner les avertissement nécessaires à Mr le Curé de Claye pour qu’il ne partage pas les mauvaises intentions du maire et du conseil municipal de Claye et que loin de là il exerce le culte religieux à Souilly comme l’eût toujours fait son prédécesseur.
Ils finissent en se recommandant à Dieu ainsi qu’à vous, Monseigneur, pour l’accomplissement de leurs vœux et ils seront toujours avec les sentiments de la plus profonde et vive reconnaissance et du plus profond respect.
Ses très humbles, très obéissants
très dévoués serviteurs
Conforme à l’original et destinée à Mr le Préfet de S et M
Délivré par Moi Jean Baptiste Thiessard, propriétaire
demeurant à Souilly
pour et au nom de mes co-habitants
Souilly Le 17 Février 1846
Jean Baptiste Eleonore Thiessard
propriétaire à Souilly
Source : Archives départementales série op