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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 17:30

 

 

 

Extrait article paru sur le blog de l’association Vivre à Thieux :

 

 

 

Les Indiens de M. de Montaran

 

En 1785, le vice-amiral Pierre André de Suffren, repartant pour la France, embarque sur ses navires 52 indiens de la région de Pondichéry. Ce sont des tisserands et les tisserands indiens ont la réputation de savoir faire des toiles très fines telles qu'on n'en trouve pas en Europe. Arrivé en Méditerranée, M. de
Suffren, qui est aussi bailli de l'ordre de Malte, offre d'abord ses tisserands à Malte qui n'en veut pas. Les maltais acceptent seulement les plants d'oranger qu'apporte aussi le bailli. Ces plants don
neront naissance aux oranges maltaises. Quant aux indiens, ils débarquent donc en France et sont acheminés en convoi jusqu'à Paris. Là se pose le problème de leur installation.
M. Jean Jacques Michau de Montaran, intendant du commerce de Louis XV, est propriétaire du château de Thieux. Comme il n'est pas mécontent d'accueillir u
ne nouvelle industrie en France, il accepte de les installer dans les caves de son château.
Le séjour de ces indiens (au départ: 14 hommes et 38 femmes) dura deux ans et fut émaillé de divers évè
nements. D'abord, il y eu des naissances et des décès mais on ne connait, par les archives parroissiales, que celles et ceux des indiens catholiques. D'après M. Marichal, à qui nous devons l'essentiel de ces renseignements (Bulletin de la Sté d'Histoire de Paris 1895), à l'époque où il a publié son étude, il y avait encore une croix de bois, au croisement d'un chemin allant de Compans à Thieux et d'un autre allant vers la ferme de Stains, qui portait l'inscription "croix érigée en mémoire des indiens résidant à Thieux". Elle aurait pu marquer la sépulture d'indiens non chrétiens.

Dans les archives paroissiales, on trouve la mention de l'enterrement "dans le cimetière de cette église", de "Sandaye indien
ne d'extraction", une indienne chrétienne, "décédée dans la foy catholique apostolique et romaine". Le registre est signé du "chef" et interprète de la colonie indienne Louis Pragachen, de l'intendant Fourcade, de GP Lepage, "concierge et jardinier du chateau", et d'un certain JP Margueron, "Suisse du Roy"...

 

Une autre indienne chrétienne, Anne Marie, a fait baptiser sa fille: "Baptème de Marie Louise fille naturelle indienne", le 9 juin 1786 "née ce jour d'un père a nous inconnu" :               


A la fin, quand ils se rembarquèrent pour les Indes, les "indiens de Thieux" n'étaient plus que 16 hommes et 30 femmes. Il manquait donc 8 femmes. Par contre, il y avait 12 enfants!

Entre temps, nos indiens avaient tissé des toiles et avaient enseigné leur technique à des apprentis de Thieux mais ce n'était pas  la mousseline indienne que l'on attendait! Au bout de deux ans, on les renvoya chez eux.

Ce n'est pas fini!
Au XXème siècle, l'Inde est devenue indépendante et a récupéré nos Comptoirs, Pondichéry, Mahé, Yanaon, Karikal et Chandernagor que les nouvelles générations
ne connaissent plus par coeur. De nouvelles colonies indiennes sont venues s'établir en France: les "rapatriés" des Comptoirs. Certains d'entre eux ont entendu parler de leurs lointains prédecesseurs, les "Indiens de Thieux" et se sont émus des rumeurs qui circulaient à leur sujet: certains prétendaient qu'ils étaient tous morts de froid,  d'autres qu'ils avaient été maltraités et jetés en prison. Ce dernier point n'est pas tout à fait faux car des bagarres dans la colonie avaient nécessité l'intervention de la maréchaussée.
Ces dernières années, nous avons donc vu venir à Thieux, indépendamment l'un de l'autre, deux représentants des Français des Comptoirs inquiets du sort de leurs concitoyens du XVIIIème siècle.
D'abord, M. Douglas Gressieux, président de l'association "Les Comptoirs de l'Inde" et auteur d'un ouvrage sur les troupes indien
nes en France pendant la guerre  de 1914-1918. Avec lui et M. Jean Paul Moreau, président de la Société d'Histoire et d'Archéologie de la Goële, nous avons feuilleté l'état civil de Thieux des années 1885 à 1887.
 Ensuite, M. Gobalakichena
ne, éditeur de la Lettre du Cercle culturel des Pondichériens. Il nous apprit qu'un certain Viranaiker, chroniqueur tamoul de l'époque, avait relaté l'arrivée, à Pondichéry, des indiens de Thieux, le 21 juillet 1788. M. Gobalakichenane ajoute qu'une petite rue de Pondichéry, entre la rue Bârady et le Bd Ouest porte le nom de Louis Pragachen, leur chef....

Lien vers l’article : http://www.vivre-a-thieux.fr/Les%20Indiens%20de%20M.%20de%20Montaran.html

 

 

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Published by Mireille LOPEZ - dans THIEUX
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