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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 19:49

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Le Briard département Seine et Marne 1881

 

Cette année la récolte des céréales en France dépasse la moyenne ; elle est évaluée de 100 à 105 millions d’hectolitres. Mais une telle récolte qui répondait à peu près entièrement aux besoins de la population il y a vingt ans, est insuffisante aujourd’hui.

Notre consommation a notablement augmenté et nous en sommes arrivés à dépenser de 18 à 20 millions d’hectolitres de plus qu’autrefois ; ce qui démontre un sérieux accroissement de l’aisance générale parmi nous.

Tous les documents officiels de la statistique établissent que la consommation quotidienne moyenne  par habitant s’est élevée à 180 grammes de pain en 1870, à environ 590 grammes en 1879, ce qui représente annuellement une augmentation de 40 kilos par personne.

Dans les autres pays la récolte des céréales a été très inégale. En Allemagne, elle est au-dessous de la moyenne sauf pour les seigles. En Angleterre, elle a été ordinaire et très bonne en Irlande.

En Autriche, en Italie et en Espagne, le rendement de blés a été très avantageux ; en Russie, beaucoup moins. Ces quatre pays après avoir pourvu aux besoins de leur consommation, pourront encore exporter. Malgré cela leur situation économique ne vaut pas la nôtre. La Suisse, la Hollande et la Belgique ont eu également une bonne récolte ; mais elles auront comme l’Angleterre et comme nous, à compléter leur consommation par l’importation de produits étrangers.

Reste l’Amérique du Nord, où la culture du blé a augmenté, en six ans, de près de 55%  et qui peut disposer en faveur du vieux monde d’un excédant qui varie annuellement de 60 à 100 millions d’hectolitres. Cet excédent est un bon préservatif contre la famine qui jadis au bon temps sévissait tous les cinq à dix ans, quand elle n’était pas en permanence plusieurs années de suite. Citons, à cet effet ne page d’histoire :

Sous le règne de Louis XIV, dit le Grand, la France mourait de faim périodiquement. Ainsi entre 650 et 1659, les paysans (six cent mille sur sept cent mille, dans la généralité de Rouen) broutent l’herbe, mangent des glands, dévorent leurs haillons, se jettent affamés

Sur les charognent de la voirie ; ils vivent dans les cavernes, au fond des bois avec les bêtes sauvages et plus sauvages qu’elles.

« Dans la généralité d’Issoudun, écrit l’intendant de cette province, on trouve quelquefois des troupeaux de paysans, assis en rond au milieu des landes ; sitôt qu’on veut en approcher ils prennent la fuite dans les halliers. »

On dit que, où il n’y a rien, le roi perd ses droits. Louis XIV a fait mentir le proverbe : de ces misérables il savait encore tirer quelque chose sous façon d’impôts : la taille, les aides, la gabelle…. La gabelle ! Dérision ! Tel était obligé d’acheter du sel qu’il n’avait point d’aliments à saler, qui se nourrissait de chardons. C’était le bon temps.

 

 

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Published by Mireille LOPEZ - dans FRANCE
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