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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 11:27

Feuille hebdomadaire du département de s et m n° 109 4.4.1805

François Vaguener, arçonnier, était accusé d’avoir assassiné une jeune fille préposée à la recette du droit de passe au bureau de Claye.

Cette fille s’était sentie frappée de deux coups de coûteau sur la poitrine, par un homme qui était entré dans le bureau où elle était occupée à coudre, et avait saisi le moment où elle avait la tête baissée. Elle n’avait point vu l’assassin en face, mais elle décrivit et sa tailles et ses vêtemens. Deux enfants, placés à quelque distance du bureau avaient également apperçu entrer dans le bureau, et en sortir en courant, une homme qu’ils signalèrent avec assez de précision ; et ils étaient d’accord avec la fille assassinée, sur la taille et le vêtement de l’assassin. Les blessures avaient été faites avec un coûteau à manche de bois, connu sous le nom d’Eustache.

La gendarmerie se met en quête, sur les indications qu’elle reçoit, et Vaguener est arrêté à une lieue de Claye. Le gendarme qui l’arrête lui demande s’il a un coûteau. Je n’ai, répond Vaguener, qu’un mauvais Eustache ; et il fait un mouvement pour chercher son soûteau, qui ne se trouve point dans ses poches. On le ramene à Claye. La jeune personne assassinée atteste que celui qui l’a frappée est de la même taille que l’homme qu’on lui représente ; qu’il est vêtu de la même manière ; et elle ajoute que, n’ayant vu son assassin que par derrière, elle ne peut pas reconnaître sa figure. Les deux jeunes enfans indiqués ci-dessus, font la même déclaration.

Vaguener avait été vu, sur la route, dormant ou feignant de dormir ; et, ce qui porterait à croire qu’il ne dormait pas, c’est que, dans un très court intervalle, il avait été vu à trois endroits différents de la route.

Cependant il est conduit à Meaux, et, trois jours après, il retourne à Claye pour de nouvelles confrontations. Il passe devant l’auberge où il a logé la veille de l’assassinat, et demande s’il n’a pas laissé un coûteau. L’aubergiste répond qu’on n’a point vu de coûteau ; et, un quart d’heure après, l’aubergiste reporte aux gendarmes un coûteau eustache, reconnu depuis par plusieurs témoins pour être celui dont Vaguener s’est servi souvent sur la route de Metz à Claye.

On parcourt avec Vaguener les terres labourées qu’avait traversées l’assassin en sortant du bureau, et les pas qu’on y remarque s’adaptent parfaitement aux souliers de Vaguener ; on y trouve jusqu’aux empreintes des clous.

Mais enfin personne ne peut attester que Vaguener, soit l’auteur de l’assassinat ; et le jury ne l’a pas déclaré convaincu. Il a été acquitté et mis en liberté.

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Published by Mireille LOPEZ - dans Claye-Souilly-découverte
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